PAGE SÈCHE et ENCRE SYMPATHIQUE

Balourd 10, que ne rebute pas l'emploi de l'encre sympathique, n'entretient pas pour autant la phobie de la page blanche. (Une encre sympathique devient invisible en séch

lundi 20 janvier 2020

Repos de l'égo


À ces noces où je ne connaissais personne, j'étais curieusement délivré de la nécessité d'être moi. On est toujours son propre infatigable représentant.

dimanche 19 janvier 2020

Acceptation tacite (suite)


On vient au monde, on apprend à marcher et à parler. Tout le reste découle de ces premières initiatives irréfléchies.

samedi 18 janvier 2020

Acceptation tacite


Je ne me souviens pas avoir coché la case « J'accepte les conditions » avant de naître.

jeudi 2 janvier 2020

Dit-elle


Dit-elle ou les dits de ma voisine : compilation

Lecture silencieuse
J’aime lire, dit-elle. Ça ne fait pas de bruit. Rien que le frottement des pages. Un « slurp » de temps à autre (gorgée de café). L’air du temps, limpide, comme il l’est toujours, mais on ne s’en rend jamais compte. Si le cerveau avait des gargouillis – digestion de lectures ou macération d’idées noires ; tu imagines, au restaurant ou dans l’autobus, un gargouillis cérébral d’appétit sexuel !

Propriété
– Les gens n'appartiennent à personne..., dit-elle.
– Dommage, il y en a qu'on aimerait rapporter à leur propriétaire..., dis-je.

En toute franchise
– La dernière personne avec qui j'ai été franche était vraiment la dernière des personnes.

Parenthèses
(Après, je suis d’une compétence rare. Pendant, c’est une autre paire de manches, les choses ne deviennent évidentes qu’ensuite, quand les faits se métamorphosent en événements historiques. Pour l’information continue, je suis zéro, je n’excelle qu’en récits de jadis et de naguère, en faits revisités, synthèses et analyses après-coup. J’ai l’esprit de l’escalier – et mon escalier est bâti en colimaçon, ce qui explique le léger tournis qui affecte mon esprit et qui, parfois, propulse mes propos dans une déconcertante trajectoire spiralée.)

Poire
– Quand on parle de couper la poire en deux, dit-elle, je me sens toujours visée.

mardi 31 décembre 2019


Surface gelée de la rivière des Outaouais à Gatineau (QC) vue a) depuis la hauteur de mes yeux (je mesure 1,80 m) ou b) depuis le tablier du pont Alexandra (hauteur de 15 m). Réponse à la fin des vœux.


En 2020, tout le monde aura vingt sur vingt à ses examens. Dans l'intitulé de la date, du moins.  

Il y a cent ans, en 1920, on s'était contenté de frôler le score parfait. Depuis, nous avons fait des progrès et appris nos leçons.

Raison de plus de vous réjouir et de passer une année 20/20 !


Réponse : b.

mardi 24 décembre 2019

2020, année symétrique


Meuh too !


Joyeux Noël, bonne année, mes meilleurs vœux !

Soyez prudents. Les jours allongent, mais les engelures sont à craindre quelque temps encore.

Juliette (photo) tient à joindre ses vœux aux miens. Meuhhh too ! meugle-t-elle.

Dans sa petite cervelle de bovin, Juliette héberge une mémoire d'éléphant. Elle participe, par l'entremise de ma plume, au recueil de textes Raconter l'Est ontarien à paraître aux Éditions David en 2020, l'ouvrage qui regroupera les textes d'une quarantaine de contributeurs. Juliette se remémore le bon (?) vieux temps : « En ce temps-là, les téléphones étaient fixes, les femmes commençaient à avoir la bougeotte. »

Mais l'important, c'est que vous passiez du bon temps durant les fêtes et que 2020 - une année doublement paire puisqu'en plus d'être divisible par deux, elle est parfaitement symétrique -, débute sous les meilleurs auspices !

jeudi 19 décembre 2019

Dit-elle


Dit-elle, ou les dits de ma voisine : Les Fesses

Mes fesses, dans leur grande innocence, offrent leurs douces rondeurs jumelles à l'appréciation d'un seul hémisphère à la fois, celui qui se trouve dans mon dos.

Je dis bien leur innocence, leur candeur. Les seins savent toujours. Rien de ce qui se passe en face ne leur échappe. Ils affrontent l'adversité. Les fesses, c'est différent. Elles ont un peu l'air de fuir. Aveugles, privées du secours des yeux, elles ne peuvent savoir qui les observe, et même si on les observe. Cécité qui les place dans une constante incertitude, un manque d'assiette ou d'assise tout à fait déstabilisant.

Est-ce que je sais si quelqu'un dévisage mon postérieur en ce moment ? Est-ce que quelqu'un profite de ce que je tourne, non pas le dos (of course), mais ma figure à mes propres fesses pour les lorgner à loisir ?

Mes fesses, que faire d'autre que de les traîner partout avec moi ? « Elle fait exprès d'attirer l'attention sur ses fesses » dira un petit malin.

Peut-être que les fesses n'existent que pour le strict bénéfice d'autrui, et non pour la tranquillité de leur propriétaire...