PAGE SÈCHE et ENCRE SYMPATHIQUE

Balourd 10, que ne rebute pas l'emploi de l'encre sympathique, n'entretient pas pour autant la phobie de la page blanche. (Une encre sympathique devient invisible en séch

mercredi 28 juin 2017

Terminus, tout le monde cesse de travailler


Il n'y a pas de dieu romain du travail. Aucun dieu ni déesse de leur panthéon ne se serait abaissé à accepter une telle fonction, je n'ose dire un un tel emploi. Par compte, il y avait un dieu des bornes et des limites : le dieu Terminus qui fixait le terme (of course) aux choses. Rendez-lui grâce la prochaine fois que vous prendrez votre pause-café : la productivité aussi a ses limites.

dimanche 25 juin 2017


J'ai des rides, mais ce sont de jeunes rides. En fait, les parties ridées de mon visage sont plus récentes que ses parties lisses.

De là à dire que celui qui ride rajeunit...

samedi 24 juin 2017

Apocope et Aphérèse vont en bateau...


Si une apocope n'est pas une aphérèse, peut-on affirmer qu'une 'pocope en est une ?

Et si une aphérèse n'est pas une apocope, peut-on dire d'une aphérè' ?

Être ou ne pas avoir


On aime opposer avoir et être, toujours au détriment du premier. Or, entre avoir de l'avoir et avoir de l'être, c'est toujours avoir qui est à la base.

vendredi 23 juin 2017

MétroFlirt


Une collègue m'a fait découvrir «MétroFlirt», chronique du Journal Métro de Montréal où il est possible d'adresser un message destiné à telle ou telle personne qu'on brûle de revoir pour l'avoir croisée dans le métro ou l'autobus.

«Quelqu'un a attiré votre regard ? Vous désirez la ou le revoir ? Écrivez-lui et consultez les messages sur journalmetro.com/flirt ou sur Twitter /metroflirt. Surveillez bien cet espace, on parle peut-être de vous !» Lien.

Non, mais, qui peut être assez fat pour vérifier si on parle de lui dans «MétroFlirt» ? Le résultat est que les appels restent sans écho, seules les personnes en état de désir y publient des missives, les personnes désirées, ignorant qu'elles le sont, ne pensent même pas vérifier la chose. D'ailleurs, le taux de réponse est pratiquement nul, la quasi totalité des messages sont ignorés, quelques rares récoltent des commentaires anodins.

Si le fond des messages est prévisible (tu es belle à couper le souffle, tu es éblouissante, comment t'inviter à venir prendre un café, etc.), la forme est caractérisée par un lyrisme échevelé, une syntaxe boiteuse et une orthographe catastrophique. La hâte et la nécessité d'être compris font que les clichés les plus éculés (cliché !) réapparaissent d'une missive à l'autre. Plusieurs hommes se croient obligés de parler de leur honnêteté et de leur empathie (on dit «bonne écoute»), ce qui produit l'inverse de l'effet recherché. Il est souvent question de regards captés, de sourires reçus. Il est inévitable que des regards se croisent dans les transports en commun, un sourire n'est souvent que politesse ou embarras. C'est assez pour déclencher des enthousiasmes à sens unique. Certains s'enflamment facilement. Le chemin qui mène au coït est pavé d'illusions et mène à bien des cul-de-sac.

Voulant m'inscrire dans ce genre littéraire nouveau pour moi, j'ai rédigé et publié quelques messages sur «MétroFlirt». Le défi était de rester «dans le ton». Je précise que je n'habite pas Montréal et que tout n'était que pure invention. Je ne m'attendais pas à recevoir de réponse. D'ailleurs, je n'en ai pas reçues. J'aurais été bien embêté d'y donner suite...

J'ai signé mes messages Balthazar Tableraze. Ce pseudonyme me semble plein de classe. Voici les versions originales de mes brûlantes missives, parfois un peu remaniées avant leur publication dans «MétroFlirt». Ils apparaissent ici dans l'ordre de leur rédaction (non de leur parution). Les numéros des autobus et leurs directions m'ont été proposés par ma collègue. Pour les textes inédits, les numéros sont peut-être encore arbitraires.

J'abandonne «MétroFlirt». Pour parler dans le vide, j'ai déjà mon blogue.

* * *

Hypocrite lectrice (cf. Baudelaire) du 24 Sherbrooke O de 6 h 45

Chaque matin, tu fais semblant de t'absorber dans la lecture d'un bête roman. Hypocrite beauté, derrière les persiennes de tes faux cils, tu es en réalité à l’affût des ravages que ton altière splendeur sème sur son passage. Entre tous les restes épars des pauvres êtres pulvérisés par l'attentat anatomique que perpétue ta présence parmi nous, n'as-tu pas remarqué à tes pieds pédicurés, et même manucurés, ce lambeau de chair qui palpite et s'agite dans ses derniers soubresauts : mon cœur.
Publié le 17 mai 2017.

Merveille de la ligne 10 N des matins de semaines

Tu t'assoies et je me dis c'est merveilleux, elle resplendit. Tu passes ta langue sur tes lèvres et je me dis tiens, c'est merveilleux, elle a une langue ! Ta main dans tes cheveux, comment avoir trouvé ça ? Tu respires, c'est merveilleux ; tu transformes l'oxygène en chaleur, ta poitrine se soulève, c'est merveilleux. Tu regardes par la fenêtre, quel ennui, penses-tu, quelle merveille ! que je pense. Merveilleux, tout chez toi est merveilleux, c’est merveilleux.
Publié le 11 mai 2017.

À la passagère du 55 N de 8 h 15

Je suis monté à bord de l'autobus. Tu souriais ; ton sourire ne s'adressait pas à moi, je n'en fus que la victime collatérale. Depuis, je ne dors plus, je ne mange plus, je ne rêve même plus ; au lieu, je pense à toi. Sur les parois de ma cervelle brûlée par ton irradiance, ton image s'est fixée. Tu montes en flammes dans la nuit solitaire de mon esprit. L'espoir de t'arracher un regard confine à l'utopie. Pourtant, un signe de toi et j'aurai le courage de me ressaisir. Alors, j'oserai t'aborder.
Ou peut-être pas.
PS. – Qui est le gars qui t'accompagne tous les jours et qui t'embrasse avant de descendre à la station X ? Ton frère ? Un ex ?
Publié le 3 mai 2017.

Atchoum !

Chère voisine de banquette de la ligne 80 Nord de 8 h 00,
Quand je pense à quel point je brûlerais de passion pour toi si tu n'étais pas celle que tu es, je me dis que d'occasions ratées qui ne se présentent même pas. Quel gâchis !
Signé : ton Anonyme inconnu.
Publié le 6 mai 2017.

Linguiste

Quel dictionnaire contient les mots qui me permettraient de te parler ? Quelle grammaire explique la syntaxe de ton cœur ?
Inédit (et le restera).

Obstacle (dans l’autobus X de 9 h 12)

Deux centimètres et quelques minces couches de vêtements séparaient nos épidermes. Debout dans l'autobus, tu t'es accrochée à la barre métallique ou mes mains venaient de laisser une pellicule de moiteur salée. Nos mollets se sont frôlés, j'ai presque plongé le nez dans ta chevelure. Pourquoi ta grosse sacoche s’est-elle interposée entre nous ?
Inédit (et le restera).

À celle qui est trop gaie (cf. Baudelaire*)

Tu souriais. J'ai cru être la cause ou le témoin d'un événement exceptionnel. Mais non, tu souriais, c’est tout. Depuis, j'ai remarqué que tu souris tout le temps, ce qui te donne un air insignifiant. J'espère que la lecture de ces mots te déprimera et que la pâleur du spleen te vaudra un charme que tu n’as pas. (Autobus 76 de 8 h 35, direction Est.)
Inédit (et le restera).
* Pour éviter tout malentendu : c'est le titre d'un poème de Baudelaire qui n'a rien à voir avec les questions d'orientation sexuelle.

Il y a péril à se pencher

J'étais debout dans l'allée de l'autobus, tu t'es penchée pour te lever de ta banquette. Par entrebâillement de ton collet, j'ai entrevu, tapi dans la pénombre que lui créait ton t-shirt, le bout de ton sein droit. Depuis je me demande si le gauche (celui du cœur) est aussi beau. Me laisseras-tu ainsi avec une image borgne de ta beauté ?
Inédit (et le restera).

Un petit effort s.v.p.

Certains jours, tu montes dans l’autobus, blonde, les lèvres très rouge ; d’autres fois, tu es une brune aux longs cheveux droits. Tes yeux sont bleus, ou verts, ou noirs. Exubérante ou préservant ton quant-à-soi, selon des caprices dont j’ignore la logique. Sur ta peau douce, la soie est papier sablé ; la brise est pataude et claudicante comparée à ta démarche. Ta voix…, ah, ta voix, qu’en dire qui ne soit insuffisant ?
Pour tous ces jours que je passe à t’inventer, tu pourrais au moins faire l’effort d’exister et de venir à moi !
Publié je ne sais plus quand.

À la passagère de l’autobus 55 Nord de 8 h 15

Mon horaire change et je prendrai désormais le 55 Nord de 7 h 45. Pourrons-nous poursuivre ce tête à tête muet que nous entretenons depuis maintenant 4 ans, huit mois et cinq jours ? Je lirai mon journal, tu consulteras ta tablette, comme d’habitude. Maints vieux couples s’épanouissent dans une routine semblable. Nous permettras-tu de fêter bientôt dans l’autobus, à notre manière discrète, nos noces de bois ?
Publié le 3 mai 2017.

À celle qui se reconnaîtra

Nous nous sommes vus, nous nous sommes reconnus, toi qui me cherchais depuis toujours, moi qui te cherchais depuis l’aube de moi-même. Sans la présence intimidante de la centaine de passagers de l’autobus no 54 de 15 h 18, direction centre-ville, quelles folies, quelles exubérances n’aurions-nous pas osé commettre ? Je rentre par l’autobus de 23 h 12, toujours vide de passagers.
À ce soir !
Inédit (et le restera). 

mercredi 17 mai 2017

Vroumm, tasse-toi neveux !


Le préjugé courant selon le quel la jeunesse serait naturellement en phase avec la nouveauté est probablement indéracinable. L'âge mûr, paraît-il, serait plus réfractaire aux changements.

Pourtant, réfléchissez ; le temps, dans les jeunes années, s'écoule avec une lenteur exaspérante. La jeunesse vit dans un éternel présent. Toute nouveauté, dans ce no man's land à l'horizon plat, est accueillie comme une chose rare et inespérée. Au contraire, à mesure que les ans s'accumulent, le temps s'accélère. Arrive un âge où les nouveautés, qui étaient comme les poteaux espacés le long d'une route parcourue à pied, se distinguent à peine l'une de l'autre tellement le tempo est devenu rapide. Le chemin, désormais, se fait en voiture sport. Vroumm-vroumm, tasse-toi neveux !

Ce sont donc les « anciens » qui ont l'expérience la plus authentique de la nouveauté tandis que ce sont les jeunes qui baignent dans l'immuable espace mental qui est le leur et qui ne supportent pas d'être bousculés ou contestés dans leurs certitudes éternelles. Ajoutons que tout paraît neuf à un nouveau-né qui ignore de quoi hier était fait.

samedi 6 mai 2017

Langue rapaillée et affranchie


Anne-Marie Beaudoin-Léger vient de publier aux Éditions Somme toute La langue affranchie : se raccommoder avec l'évolution linguistique. Je n'ai pas encore lu l'ouvrage, mais ça devrait être chose faite très bientôt. Madame Beaudoin-Léger avait déjà fait paraître chez le même éditeur il y a deux ans La langue rapaillée : combattre l'insécurité linguistique des Québécois. À l'époque, j'avais été suffisamment agacé par ses propos pour me fendre d'un long compte-rendu -- que j'avais rangé dans mes brouillons.

Voici donc, avec mon souci coutumier de coller à l'actualité, le texte question, rédigé en juillet 2015.

(Louis Cornelier, dans Le Devoir du 6 mai 2017, a rendu compte de sa lecture de La langue affranchie.)


* * *


À propos de La langue rapaillée d'Anne-Marie Beaudoin-Léger, Éditions Somme toute, 2015.

À partir de postulats tout à fait raisonnables - ne pas abandonner la langue aux puristes ; accorder le juste crédit qui revient langage familier, forcément approximatif et désinvolte comparé au langage soigné, plus rigoureux quant à l'observation des règles ; revendiquer nos particularismes, nos régionalismes, Mme Beaudoin-Léger nous conduit à une attitude que je ne peux que condamner. Comme quoi, partager les prémices d'un raisonnement avec quelqu'un ne garantit pas que l'on parvienne aux mêmes conclusions !

Avec son ouvrage sous-titré Combattre l'insécurité linguistique des Québécois, la linguiste Beaudoin-Léger entend rien de moins que redonner aux Québécois la fierté et la pleine possession de leur langue. Objectif que les intéressés atteindront sans peine s'ils adoptent les raisonnements de l'auteure : le français québécois constituant une variété légitime du français, nous n'avons qu'à nous débarrasser du sentiment d'infériorité à la base de notre insécurité linguistique pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes.

L'argumentation de l'auteure repose sur le concept des registres ou niveaux de langue. Je résume ses propos en disant qu'il existe d'une part le registre soigné, soumis aux règles, peu variable d'un pays à l'autre, et, d'autre part, le niveau familier, plus désinvolte quant aux prescriptions et très variable d'un point à l'autre de la francophonie.

Toujours selon Mme Beaudoin-Léger, le registre familier du français québécois est un niveau de langue légitime et constitue une variété tout à fait acceptable du français. Le niveau soigné, toujours selon l'auteure, est réservé aux occasions où les codes sociaux nous imposent de bien paraître (allocutions, productions écrites). Le niveau soigné, assure Beaudoin-Léger, s'apprend à l'école ; le niveau familier suffit à la plupart des occasions, les gens passant d'un registre à l'autre selon les circonstances.

J'avoue entretenir une vision moins idyllique des choses.

Dans la vie, les gens s'en tiennent généralement à un seul registre ou peu s'en faut. Ceux qui ne pratiquent jamais le registre familier de bon aloi (le registre familier compte bien des sous-niveaux) ou soigné n'acquièrent jamais ou bien perdent les compétences nécessaires à leur maîtrise. (Passons sur la stupéfiante déclaration selon laquelle le niveau soigné s'apprendrait à l'école. J'ai des doutes à ce propos ; quels établissements a fréquenté l'auteure, quel niveau de langue était pratiqué chez elle quand elle était petite ?)

Mme Beaudoin-Léger affirme que le registre de la langue et le code vestimentaire obéissent aux mêmes règles. «Tout est question d'apparence» affirme-t-elle (p. 32), on ne va pas à un gala, où «l'image compte» (p. 32), avec les habits que l'on porte pour travailler à la maison. (Passons sur cette autre déconcertante déclaration qui, venant d'une linguiste, est proprement ahurissante : le niveau soigné ne serait qu'une question d'apparence. Quid de la capacité de livrer un message clair et structuré, de distinguer entre les nuances et de pouvoir faire preuve de créativité ?)

À réserver le registre soigné à de rares occasions (cf p. 50) où le bon parler s'apparente au port d'une robe de soirée ou d'une cravate - quelle vision guindée se fait l'auteure de la maîtrise de la langue ! - , on condamne les locuteurs à toujours paraître empesés en l'employant et à le pratiquer avec la maladresse des débutants. Et c'est bien ce que nous observons. Le registre soigné reste un niveau étranger à bien des Québécois - on n'a qu'à écouter le baragouin confus des politiciens et politiciennes, incapables de s'exprimer simplement et correctement, incapables d'employer le ton juste.

En fait, le niveau universellement utilisé au Québec est le familier-très-familier. Mme Beaudoin-Léger, à magnifier ce registre, néglige un fait essentiel : beaucoup de gens au Québec ne parviennent tout simplement pas à maîtriser le registre familier correct. Quant à s'élever au dessus...

Le jeu de serpents et échelles linguistique que nous décrit Mme Beaudoin-Léger, avec ses virtuoses de la glissade et de l'escalade, a une amplitude beaucoup plus limitée dans la réalité que dans son imagination. Ceux qui sont à l'aise dans les registres supérieurs y restent, en général ; ceux qui ne pratiquent que les niveaux inférieurs ne grimpent jamais très haut.

La pauvreté du vocabulaire et de la syntaxe de bien des Québécois les maintient dans une maîtrise très approximative de leur propre langue. La situation engendre un phénomène d'auto-illusion inquiétant : plusieurs se targuent de parler un bon français alors que leur langage est truffé de barbarismes et de calques de l'anglais. Mme Beaudoin-Léger ne touche mot de cette situation qu'elle escamote en rangeant faits linguistiques heureux et moins heureux dans la catégorie du registre familier, sorte de fourre-tout décidément bien commode.

Malgré nos discours sur la protection du français, malgré les leçons que nous adressons aux Français friands d'anglicismes, nous sommes nous-mêmes allergiques à la moindre critique. Pire, quand on signale une erreur ou une défectuosité de notre langue (pensons à la lalalisation du français au Québec), nous en faisons un objet de fierté. C'est nus zaut', cé comme ça qu'on'é !

Minoritaires au Canada et en Amérique du Nord, minoritaires dans la francophonie, toute volonté de trop nous distinguer nous isolera des autres francophones et diminuera l'attraction déjà réduite du français sur notre continent. Pourquoi les émigrants se casseraient la tête à apprendre un patois qui n'aurait pas cours hors de nos frontières ? (Tout ce paragraphe déplaira à Mme Beaudoin-Léger qui a balayé d'un revers de la main ces arguments dans son ouvrage.)

La tentation du repli sur soi-même linguistique, celle d'établir une langue distincte au Québec est toujours présente. Pensons à la velléité, exprimée il y a quelques années, de traduire les Évangiles en québécois... Comme si le français actuel était une langue qui nous était aussi lointaine celle de Rabelais ! Cette distinguite à tout prix qui nous distingue va de pair avec la tendance à s'émerveiller du moindre de nos travers, comme je l'ai dit plus haut, à y voir une marque de notre génie inventif.

Hubert Aquin, dans La fatigue culturelle du Canada français (1962), déplorait déjà notre tendance à nous conformer à l'image folklorique que les autres ont de nous. Le problème ne date pas d'hier !

Mme Beaudoin-Léger se désole du regard moqueur, sinon condescendant que certains posent sur notre langue (voir le chapitre «Une blague plate», p. 95). Or, ceux qui se moquent (gentiment ou pas) de notre parlure sont, en matière de déliquescence langagière, beaucoup moins inventifs que ceux qu'ils brocardent. Qui, en effet, nous donne cette réputation de gens au langage si pittoresque, si approximatif, si enfantin, sinon nous-mêmes ?

Ce n'est pas en glorifiant une langue familière souvent approximative, farcie de calques de l'anglais, de barbarismes et d'incorrections grammaticales (je place à part les régionalismes et les archaïsmes qui constituent une vraie richesse, notre vraie distinction) que nous leur feront changer de regard.

Mais nous tenons tellement à nous distinguer !...

Henri Lessard, juillet 2015