PAGE SÈCHE et ENCRE SYMPATHIQUE

Balourd 10, que ne rebute pas l'emploi de l'encre sympathique, n'entretient pas pour autant la phobie de la page blanche. (Une encre sympathique devient invisible en séch

mercredi 26 août 2020

Flaques



Flaque, version sereine...


J'aime les flaques d'eau.

Elles disent qu'il y a eu de la pluie. La pluie peut être prévue, mais non planifiée. La pluie nous apprend que toute l'eau n'a pas été harnachée en ce pays.

Les flaques signalent les trous dans le tissus urbains ; nids de poules, affaissements dans l'asphalte, creux dans les terrains vagues, ornières et sillons laissés par quelques pesants boas voyageant tout droit de conserve.

Le ciel y montre ses dessous. Les nuages sont plus gris, le ciel est d'un autre bleu, le soleil se double ou se multiplie en éclats et en étincelles.

Les jeunes eaux se rident à l'air qui passe. L'air, encore un qui n'est pas dompté...

Elles disent aussi que nous avons le temps de les contempler, ce qui reste un élément rassurant de la vie. Mais nous sommes trop âgés pour y patauger comme autrefois.

J'y trouve le repos comme devant toute surface plate que le vent effleure.



... ou flaque, version frileuse. Ah, quand le vent donne le frisson à l'eau...

vendredi 21 août 2020

Nature dormante

© Cristian de León 2013. Paix sur la Terre, gouache sur carton.
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Extrait d'une lettre à un ami peintre* qui m'a envoyé une gouache :

« À côté du concept de nature morte, reste-t-il de la place pour celui de nature apaisante ? Ta gouache pourrait en être le prototype. Ou de nature dormante ? Après tout, la majeure partie de la vie de couple consiste à dormir à côté de sa conjointe, il n’y aurait rien de mal à veiller la nature dans son sommeil. »

* Le peintre en question est Cristian de León.
https://artiste-peintredeleon.weebly.com/

jeudi 20 août 2020

Fierté et horticulture


Cette dame est fière de ses tomates comme si elle les avait pondues ; elle devrait l’être moins de ses ados qui, eux, sont vraiment sortis de ses mains.

mardi 4 août 2020

Débit et dépit



Photos : Cantley (Québec), montée Saint-Amour (juin 2008). Admirez avec quelle unanimité ces cumulus humilis dérivent tous à la même altitude.


La journée parfaite existe dans ma tête. Elle ruisselle de perfection sous un ciel tout bleu semé de cumulus tout blancs et tout dodus (photos). Chacune des secondes de chacune de ses minutes de chacune de ses heures se fond dans l’éternelle béatitude où le temps se dissout et cesse de nous importuner.

Je sais que la perfection n’existe pas dans la réalité, que ce serait trop exiger. La beauté, la plénitude après lesquelles nous courons ne sont que des créations de notre imagination. Ce ne sont que des illusions. Ce qui existe dans nos têtes n'est que fumée et ce qui existe au dehors n’est qu’imparfaitement appréhensible. D’où l’état d’insatisfaction chronique des humains.

Vous me direz que la perfection existe bel et bien dans la mesure où nous composons l’idéal à partir de moments de perfection saisis dans la réalité. Mais entre la perfection en pointillé et la perfection à flots continus, il y a une différence.

Une différence de débit, pour le moins. Pour notre plus grand dépit.




mercredi 29 juillet 2020

Le Phénomène humain


J'ai repassé mes chemises ce matin. Je ne vous dis pas la satisfaction que j'ai retirée de cette activité. Le travail intellectuel est une imposture. Les humains s'illusionnent sur eux-mêmes dès qu'ils s'imaginent être autre chose que ce qu'ils sont, des singes habiles de leurs doigts.

mardi 21 juillet 2020

Rayons accueillants


— Je ne sais pas quoi lire.
— Mais tu as toute une bibliothèque chez toi.
— Tout le monde sait que les livres d'une bibliothèque ne sont pas là pour être lus, mais pour accueillir les nouveaux qui s'ajouteront.

Peintre du regard


« Aucun peintre n'a réussi à rendre la solitude résignée du regard des bêtes, car aucun ne semble avoir compris ce qui est incompatible dans les yeux des animaux : une immense tristesse et un égal manque de poésie. » 
Cioran, le Crépuscule des pensées