PAGE SÈCHE et ENCRE SYMPATHIQUE

Balourd 10, que ne rebute pas l'emploi de l'encre sympathique, n'entretient pas pour autant la phobie de la page blanche. (Une encre sympathique devient invisible en séch
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mardi 21 juillet 2020

Rayons accueillants


— Je ne sais pas quoi lire.
— Mais tu as toute une bibliothèque chez toi.
— Tout le monde sait que les livres d'une bibliothèque ne sont pas là pour être lus, mais pour accueillir les nouveaux qui s'ajouteront.

jeudi 20 mars 2014

NOUVEAU MESSAGE


Profonde superficialité

Je propose ici une liste d'un genre inusité : celle des livres achetés pour leur titre.

Elle ne compte que d'excellents livres, tous dignes de figurer parmi mes favoris.

Comme quoi, si on ne juge pas un livre d'après sa couverture, s'enfoncer d'un cran dans la superficialité (dans la mesure où l'on peut s'enfoncer dans la superficialité) en jugeant un ouvrage d'après son seul titre peut s'avérer, si l'on en juge d'après les résultats, une méthode étonnamment profitable. :

  • Ma vie amoureuse et criminelle avec Martin Heidegger (roman), Gerald Messadié, Éditions Robert Lafont, 1994. (Lu en 1996.)
  • The Origin of Consciousness in the Breakdown of the Bicameral Mind, Julian Jaynes, Houghton Mifflin Company (essai), 1976. (Lu en 2013, mais j'en avais vu des allusions dans d'autres textes.)
  • La Chine m'inquiète (pastiches littéraires), Jean-Louis Curtis, Grasset, 1972. (Lu vers 1976, acheté à nouveau en 2007.)
  • La haine de la musique (essai). Pascal Quignard, Calmann-Lévy, 1996. (Lu en 2007.)

mardi 21 janvier 2014

NOUVEAU MESSAGE

Entropie universelle

Pascal Quignard, dans son Lycophron et Zétès*, parle d'une amie qui, au sujet des Petits Traités** de l'auteur, semble surtout apprécier le coffret qui les réunit. «C'est très commode, disait-elle. Ça ne tombe pas.»

On ne saurait trop priser les livres qui tiennent debout tout seul. À l'exemple de l'amie de Quignard, il est possible de les utiliser comme appui-livre. Non content de s'autosoutenir, ils aident leurs voisins faiblards à ne pas s'effondrer.

C'est ériger une bibliothèque en la garnissant.

Évidemment, la seule façon pour moi de ne pas faire œuvrer ces piliers ou murailles de papier au désordre universel est de m'abstenir de les feuilleter. Parce qu'une fois lus, une partie de leur contenu se perd sans être assimilée tandis que le reste se disperse à travers ma cervelle venteuse où la poussière (même celle du savoir) aime s'accumuler dans les recoins. Ce qu'un auteur a patiemment rassemblé, je l'atomise***.

Et c'est ainsi que l'entropie de l'Univers s'accroît au dépens des efforts de ceux qui la combattent.


* Pascal Quignard, Lycophron et Zétès, coll. Poésie, Gallimard, 2010 : réédition (avec postface inédite) de la traduction de l'Alexandra de Lycophron, suivie de Zétès, parue en 1971.
** Pascal Quignard, Petits Traités, éditions Maeght, 1990 : réédition dans la coll. Folio, 1991.
*** Y a-t-il une vie dans ces recoins ? Eh bien, disons que la formation de certains grumeaux imprévus, à partir de poussières d'origines hétéroclites, trouve son explication. Finalement, je combats l'entropie à ma façon.

samedi 11 janvier 2014

NOUVEAU MESSAGE

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Plaisir rare : acheter un livre et découvrir que la libraire qui vous le vend a consacré sa thèse de doctorat précisément à cet ouvrage.