PAGE SÈCHE et ENCRE SYMPATHIQUE

Balourd 10, que ne rebute pas l'emploi de l'encre sympathique, n'entretient pas pour autant la phobie de la page blanche. (Une encre sympathique devient invisible en séch

mardi 8 septembre 2026

Wegener à Ottawa

 

Tectonique des plaques. Mesurez la dérive.



Cro-Magnon et fils


Des nouvelles de l'homme de Cro-Magnon du boulevard Maisonneuve, à Gatineau. L'homme de Gro-Magnon est dans nos murs, sachez-le ! (Voir le billet du 21 nov. 2011).


Il a un peu changé depuis que nous avons fait connaissance (photo suivante, nov. 2011).

Cro-Magnon en nov. 2011.

Je croyais avoir déjà parlé de son fils, apparu récemment, ce qui tendrait à prouver qu'il ne s'agit pas d'une espèce en voie de disparition. L'air de famille est indéniable. Le dessin de la bouche du fiston n'est à l'évidence pas tout à fait naturel. Chirurgie esthétique ?


(Les photos ne donnent peut-être pas une juste idée des proportions : le Cro-Magnon adulte est de ma grandeur ; le fiston m'oblige à m'accroupir pour prendre une photo à la hauteur de son visage.) 

lundi 7 septembre 2026

Tatouer ton livre ?


J'annote mon livre au crayon. Une fille, tatouée des orteils jusqu'aux paupières (d'après ce qui est visible) me dit : « Moi, jamais je n'écrirais dans un livre. »

mercredi 2 septembre 2026

Communication littéraire 101

 

Conseil littéraire de la semaine.

Ottawa, 25 juin 2026.


mardi 1 septembre 2026

Observation sur le chat de Schrödinger

Par chez nous, les chats ne se laissent pas mettre en boîte par Schrödinger. Île-de-Hull, juillet 2023.

Note préliminaire. – L’auteur n’a aucune compétence pour traiter du sujet.

Le chat de Schrödinger(1) est bien connu. Personne, pour autant, ne l’a encore observé, si bien que personne ne sait s’il est mort ou vivant. En fait, tant qu’on ne l’aura pas vu, il sera à la fois mort et vivant. C’est ce que nous enseigne la physique quantique selon laquelle c’est le fait d’observer qui décide de la réalité.

Sans observation, sans observateur, les choses sont dans tous leurs états possibles à la fois, sans pouvoir s'arrêter à l’un d’eux.

Pour illustrer le fait, Schrödinger avait imaginé un chat enfermé dans une boîte à l'intérieur de laquelle avait été placé un dispositif émettant un gaz mortel à la désintégration d'un atome radioactif. La probabilité que l'atome se désintègre en un temps donné, disons 60 minutes, était de cinquante pour cent. Durant cette heure, sans possibilité d’observer l’intérieur de la boîte, tout ce que l’on pouvait dire, c’était que l’atome était à la fois entier et désintégré et le chat vivant et mort. Il ne s’agissait pas d’une incertitude liée à l’ignorance d'événements cachés : l’observation, au moment de l'ouverture de la boîte, décidait de ce qui s'était passé. Elle mettait fin à la superposition d’états incompatibles et, en décidant de l'état de l’atome, décidait du sort du félin.

Donc tout dépend de l’observation. L’observateur fait la réalité.

Mais qu’est-ce qu’un observateur ? Le chat dans la boîte est un observateur, et bien placé pour statuer de la diffusion ou non du gaz empoisonné. Et s’il y avait dans la boîte, outre le chat, une mouche ou une araignée passée inaperçue et insensible au poison, qui pourrait contester son statut d’observatrice ? De même, le dispositif, n’importe quoi captant ou réfléchissant les émissions de la désintégration de l’atome serait un observateur : un miroir, les parois de la boîte, l'air même qu'elle contient, et ses milliards de molécules sont autant d’observateurs – dont les observations pourraient en plus se contredire.

Maintenant, pensons hors de la boîte, comme on dit. À l’extérieur, est-ce que l’observateur aura besoin d’un observateur en second pour le sortir de l’état où il risquerait de s'éterniser : observateur ayant découvert le chat mort vs observateur ayant découvert le chat vivant ? Et faudra-t-il à cet observateur supplémentaire un troisième, observé à son tour par un quatrième qui, lui-même, serait suivi d’une chaîne infinie d’observateurs-observés ? L'univers n'y suffirait pas. Ce serait infernal.

Une échappatoire serait-elle possible ? Deux personnes s’observant mutuellement peuvent-elles former un couple autarcique du point de vue ontologique et établir l’une pour l’autre leur statut d’être (ou de non-être) ? 

D'où l'amour des miroirs et des selfies : je m'observe, donc j'existe.

Ce n’était qu’une simple observation avant de vous quitter.


1. L’érudition de Wikiki permettra de renseigner ceux qui veulent en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chat_de_Schr%C3%B6dinger


vendredi 31 juillet 2026

Polite Pinker

 

Lecture de How the Mind Works, de Steven Pinker.



Steven Pinker, How the Mind Works, W.W. Northon & Cie, New York, London, 2009, 1997, p. 370.







À la page 370, on trouve un passage sur la théorie des Four F's qui sous-tendraient l'esprit humain : « feeding, fighting, fleeing and sexual behavior ».

Ça ne fait que trois F. Je crois savoir quel est le quatrième mot. Un indice : il commence par f et se termine par... Bon, vous savez déjà.

Polite Pinker, vraiment...






mercredi 29 juillet 2026

Perfect Body, Imperfect English


Langlais - une langue que j'aime bien, je voudrais qu'il n'y ait pas de malentendu ici - a parfois de drôles de mots qui font naître des sentiments qui n'ont rien à voir avec leur signification.

Prenez par exemple proud. On dirait une exclamation de mépris ou de dégoût qu'on ne pourrait prononcer qu'en postillonnant, soit l'inverse exact de ce que le mot prétend signifier. Le fait que proud provienne du mot français « preux » (cf. prud’homme) ne change rien à l'affaire.

Prenez encore le mot breast. On se demande si cette « bête » mord. Qui s'y frotte s'y pique, peut-être ? Rien à voir avec les seins, avouez-le.

Et les legs : je préfère les jambes.

La chanson Suzanne de Leonard Cohen, l'une de mes chansons préférées entre toutes les chansons qui existent et que je ne me lasse pas d'écouter me fait toutefois tiquer chaque fois que reviennent les mots perfect body. On se retrouve avec trois consonnes occlusives rapprochées, p, b et d à l'effet disgracieux. Surtout, body a quelque chose de trapu et de bancal dans sa brièveté avec son y qui le ferait tenir de guingois.

Ça n'empêche pas que c'est une très belle chanson. Tenez, écoutez-la (YouTube), l'effet est magique dès le début : Suzanne takes you down/To her place near the river/You can hear the boats go by...

Oubliez mes ridicules reproches.