L’anglais - une langue que j'aime bien, je voudrais qu'il n'y ait pas de malentendu ici - a parfois de drôles de mots qui font naître des sentiments qui n'ont rien à voir avec leur signification.
Prenez par exemple proud. On dirait une exclamation de mépris ou de dégoût qu'on ne pourrait prononcer qu'en postillonnant, soit l'inverse exact de ce que le mot prétend signifier. Le fait que proud provienne du mot français « preux » (cf. prud’homme) ne change rien à l'affaire.
Prenez encore le mot breast. On se demande si cette « bête » mord. Qui s'y frotte s'y pique, peut-être ? Rien à voir avec les seins, avouez-le.
Et les legs : je préfère les jambes.
La chanson Suzanne de Leonard Cohen, l'une de mes chansons préférées entre toutes les chansons qui existent et que je ne me lasse pas d'écouter me fait toutefois tiquer chaque fois que reviennent les mots perfect body. On se retrouve avec trois consonnes occlusives rapprochées, p, b et d à l'effet disgracieux. Surtout, body a quelque chose de trapu et de bancal dans sa brièveté avec son y qui le ferait tenir de guingois.
Ça n'empêche pas que c'est une très belle chanson. Tenez, écoutez-la (YouTube), l'effet est magique dès le début : Suzanne takes you down/To her place near the river/You can hear the boats go by...
Oubliez mes ridicules reproches.
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