PAGE SÈCHE et ENCRE SYMPATHIQUE

Balourd 10, que ne rebute pas l'emploi de l'encre sympathique, n'entretient pas pour autant la phobie de la page blanche. (Une encre sympathique devient invisible en séch

mercredi 20 avril 2016

Mon Soleil


Les joies du bilinguisme

Ce soleil a fait ma journée !

Évidemment, le «Mon - Soleil» (flèches rouge) était, dans la version anglaise originale, Mon - Sun (pour Monday - Sunday).




Détail.

jeudi 24 mars 2016

Le résultat est le même


Claudication

Elle boitait, mais j'ai oublié si c'était de la jambe ou du pied.

dimanche 17 janvier 2016

Le père de Kafka était-il kafkaïen ?


Contribution à la kafkologie

Ce texte traîne dans mes brouillons depuis... depuis longtemps. Le publier est une manière de m'en débarrasser.

On considère généralement que l'œuvre de Franz Kafka (K.) est la traduction littéraire d'un état psychologique et moral découlant d'une éducation reçue par un père autoritaire et brutal. La pièce maîtresse de cette interprétation est la Lettre au père, rédigée par K. mais jamais transmise à son destinataire. D'autres assurent que son œuvre est la prescience des régimes totalitaires du XXe s. et de leur froide et absurde bureaucratie.

Je crois que ces deux visions sont fausses ou, du moins, insuffisantes et trop faciles.

Le père de K. était le moins... kafkaïen des hommes ! Autoritaire, péremptoire et affirmatif, selon tous les témoignages, ce personnage de bonne carrure savait se faire entendre et obéir. À rebours, dans le monde de Kafka fils, l'autorité est lointaine, inaccessible et incompréhensible, comme perçue à travers une série de prismes défectueux. Rien qui ressemble à une tyrannie. Kafka père n'aurait jamais eu la patience ou la capacité de réduire son entourage à sa merci par un capricieux réseau de règles informulées comme celles détaillées par son fils dans ses romans (le Procès, le Château, etc.). Pour se faire craindre et obéir, un éclat de voix, un coup de poing sur la table lui suffisait.

En bref, l'autorité chez K. n'a jamais la franchise de la brutalité.

Les histoires de Minotaure n'ont aucune utilité pour K., la bête lui est facultative, la fascination du dédale lui suffit.

Relisons «la Muraille de Chine». Un pâle et lointain empereur dépêche un messager à un (forcément) lointain sujet, à l'autre extrémité de l'empire ; le messager doit d'abord se frayer un chemin dans la salle du trône à travers la foule des courtisans, franchir des portes, des portiques, descendre des escaliers, traverser le deuxième palais qui entoure le premier, puis le troisième, puis... Enfin, il traverse la capitale, un quartier après l'autre... Le messager, comme la flèche de Zénon, n'atteint jamais son but, le destinataire attend en vain. Un fils en butte à un père autoritaire emploierait-il de telles métaphores pour décrire ses relations avec son bourreau ?

L'autorité chez K. n'est jamais contestée. Les fidèles de l'empereur lui restent fidèles. Aucune répression n'est nécessaire pour s'assurer de leur obéissance et de leur respect. Même quand il y a «de graves négligences dans la défense de l'empire», les yeux se tournent vers l'asthénique monarque entraperçu à une fenêtre du palais. La Loi n'est pas combattue, le Tribunal non plus. Bucéphale regrette le Grand Alexandre dont l'épée indiquait la direction des Indes.

K ne fuit pas le Juge, il recherche la Loi. Il ne trouve que d'inutilisables indices, n'entend que de friables raisonnements.

Le monde de K., un monde sans révolte, et sans pouvoir non plus.

Quant à la satire de la bureaucratie, Gogol et Courteline ont fait mieux, et avec plus d'humour.

La kafkologie est-elle à revoir en entier ?

(Deux petits apartés en marge de cet exposé. – Chez K., il n'y a pas de dialectique, chaque affirmation se présente, puis se nuance elle-même pour se contredire aussitôt et empêcher tout progrès. L'analyse et le réflexion réduisent leur objet en une poussière incohérente.

Selon Hobbes, le pouvoir ne peut se prévaloir d'autre justification que lui-même. Autrement dit, le pouvoir est le pouvoir, un point c'est tout. Apparemment, K. est en quête inlassable d'un pouvoir justifié (par la Loi, qui justifie le Juge), quête qui ne peut évidemment aboutir, étant donné la nature tautologique du pouvoir. K. ne rencontre que des ombres qui ne font qu'entretenir sa frustration. Il aurait fallu que K. décide «le pouvoir, c'est moi», pour paraphraser un monarque peu porté au doute existentiel.)


mardi 29 décembre 2015

NOUVEAU MESSAGE


Temps de cerveau disponible, comme disait l'autre.

«Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé.»
Montesquieu, 1689-1755

Qui trouve une heure pour lire aujourd'hui ?

NOUVEAU MESSAGE


Aqua bon (bis)

À propos de mon billet du 28 décembre 2014, pour ne pas laisser passer n'importe quoi dans ce blogue, j'ai tenu à consulter Internet, ce qui me permet d'apporter les précisions  suivantes :
  • Le corps humain renferme, en poids chez l'adulte, 56 % d'eau. Score proche de celui de la vodka qui, avec ses 40 % d'alcool, contient 60 % d'eau. (Moins qu'un enfant, composé de 70 % d'eau : raison pour laquelle sans doute la vodka, liquide relativement «sec», ou du moins pauvre en eau, est déconseillé aux jeunes. Une diète réhydratante à base de vodka pourrait cependant être bénéfique aux personnes âgées chez qui le pourcentage du poids en eau peut descendre jusqu'à 45 %. Apparemment, c'est l'eau dans les boissons alcoolisées, et non l'alcool lui-même, qui conserve...)
  • Deuxième constatation : à ses débuts, l'homme n'est même pas un fétu de paille, à peine une gorgée d'eau, mais presque pure : le fœtus, 97 % d'eau, surclasse la tomate qui n'atteint que 95 % d'eau.
  • Troisième constatation, le cerveau est l'organe qui s'apparente le plus à une éponge : 80 % d'eau (moins que la tomate, quand même). Mais ça, on le savait ou on le pressentait déjà.
Source (sans jeu de mots) de mes chiffres : Wikiki, l'encyclopédie de ceux qui ne cherchent pas plus loin. (Pour la tomate et la vodka, les données citées sont accessibles à plusieurs endroits dans Internet.)

mercredi 21 octobre 2015

Réflexion sur l'impossibilité


On dit «regarde le miroir», mais quand on regarde le miroir, c'est pas le miroir que l'on voit.

P'tites têtes : suite



Vieux comic strip que j'ai réalisé en 1992 (typo refaite pour parution dans le blogue). Le crâne de mon dessin préfigurait la tête de Toumaï qui n'allait pourtant être mise au jour que dix ans plus tard, en 2002.


Selon des gens bien informés, le cerveau de l'Homo sapiens actuel est de 15 à 20 % plus petit que celui de nos ancêtres Cro-Magnon qui vivaient il y a 30 000 ans.

«Notre cerveau est plus court, plus bas, comprimé au niveau des lobes frontaux et occipitaux alors que les lobes temporaux et le cervelet se sont élargis, par rapport à nos prédécesseurs.» Antoine Balzeau (MNHN, CNRS et INRIA).

J'ai compilé ailleurs dans ce blogue les travaux sur le sujet. Au rythme du rétrécissement, nous pourrions rétrograder très bientôt jusqu'au niveau de l'Homo erectus d'il y a un million d'années. Il y a un million d'années, nous ne connaissions ni les iPads, ni les boîtes postales communautaires, ni le feu. Et personne ne prétend que c'était le bon temps.

The Domesticated Brain (cf YouTube), de Bruce Hood, fait le point sur la question (recension par Jonathon Keat, New Scientist, no 2969, 14 mai 2014 – l'article vient d'être remis en vedette dans le site de la revue) :

«Twenty thousand years ago, the average human brain was 10 per cent larger than it is today. Some people, such as David Geary, a psychologist at the University of Missouri in Columbia, claim that the dip in cranial capacity marks our dwindling intelligence. Others, like John Hawks, an anthropologist at the University of Wisconsin-Madison, attribute it to improved brain efficiency.

But for Bruce Hood, the author of The Domesticated Brain and a psychologist at the University of Bristol, UK, the shrinkage is best explained by changes in society. “We have been self-domesticating through the invention of culture and practices that ensure that we can live together,” he write. Our brains, he believes, are getting downsized by domesticity.» (C'est moi qui souligne.)

L'avenir appartient donc aux petites têtes bien gérables (la qualité appréciée entre toutes de nos jours). Les fortes (grosses) têtes intraitables vont se faire de plus en plus rares.

Mais a-t-on idée de s'appeler Hood (capuchon) et d'écrire un ouvrage sur les têtes ?



Titre : The Domesticated Brain
Auteur : Bruce Hood
Éditeur : Pelican (Londres)
Couverture : souple
ISBN 9780141974866
Pages : 352
2014
http://www.penguin.co.uk/books/the-domesticated-brain/9780141974866/#cWMtEwuM8LCZ0mbS.99