PAGE SÈCHE et ENCRE SYMPATHIQUE

Balourd 10, que ne rebute pas l'emploi de l'encre sympathique, n'entretient pas pour autant la phobie de la page blanche. (Une encre sympathique devient invisible en séch

mardi 17 juin 2014

NOUVEAU MESSAGE


Abribus

C'était le matin, je me rendais au travail, irrité contre le vent froid qui me forçait à marcher le menton dans le collet. Parvenu à une intersection, je constate, levant les yeux à droite, que les feux de circulation autorisent les piétons à traverser le boulevard. Bref coup d'œil à gauche, histoire de m'assurer que les voitures se sont bien immobilisées. J'aperçois, de l'autre côté de la chaussée, l'inévitable abribus, boulonné au paysage depuis des années. La vision, parfaitement claire, s'efface aussitôt. En effet, j'ai relevé la tête, étonné ; l'abribus a été démonté la veille, il ne peut pas être là.

De fait, il n'y est pas.

Le miragea été aussi net qu'il a été bref, à peine une fraction de seconde. Rien pour affecter le rythme de mes pas.

Simplement, mes yeux, habitué à observer la scène matin après matin depuis le même coin de l'intersection, avait planté le décor d'avance, obligeant mon esprit à intervenir en toute hâte pour rectifier les choses et ramener mes sens à la réalité. 

Ou, mieux, à l'observation de la réalité, et non à sa reconstitution d'après souvenirs.

Si brève qu'elle ait été, ma vision de l'abribus m'avait permis d'apprécier le poli de son cadre en alumium. Je m'étais paresseusement servi un abribus vide.

Ma première question est : si l'abribus avait toujours été en place, s'il y avait eu des gens attendant l'autobus, comment se serait opéré la l'insensible transition entre l'abribus vide tiré de ma mémoire et l'abribus réel, avec des gens à l'intérieur ou devant ses baies vitrées ?

Deuxième question : combien de fois, croyant voir l'abribus réel, j'avais vu en réalité un abribus mnémonique ?

Troisième question, combien de fois par jour est-ce que je me joue à moi-même de semblables tours ?

Enfin, ultime et seule vraie interrogation, est-ce grave docteur ?

PS. – L'abribus a été remonté peu après son démantèlement.


L'abribus, avant son démontage-remontage.
(Voir billet du 1er mars 2013.)

lundi 16 juin 2014

NOUVEAU MESSAGE


Appel à tous

On recherche d'éventuels témoins pour faire la lumière sur un triple crime sordide qui s'est déroulé sur le pont Alexandra, entre Gatineau et Ottawa.

Les sympathiques gardiens jaune fluo en faction permanente sur le passage piétonnier ont été agressés et démembrés. Leurs restes exsangues, d'une blancheur cadavérique (et pour cause !), ont été jeté çà et là, et gisent encore sur le pont au moment où ces lignes sont diffusées.

Si vous avez été témoin du crime ou, simplement, si vous pensez avoir aperçu quelque chose en relation avec l'affaire, n'hésitez pas !


Avant : de fiers petits bonshommes.


Après (et maintenant) : deux têtes, des troncs, des bras et des jambes : qui pourra reconstituer nos trois vaillants gardiens ?

vendredi 21 mars 2014

NOUVEAU MESSAGE


Distraction

Le travail a été inventé pour qu'on ne s'ennuie pas au boulot.

(Est-ce qu'on appelle une activité tautologique ?)


jeudi 20 mars 2014

NOUVEAU MESSAGE


Profonde superficialité

Je propose ici une liste d'un genre inusité : celle des livres achetés pour leur titre.

Elle ne compte que d'excellents livres, tous dignes de figurer parmi mes favoris.

Comme quoi, si on ne juge pas un livre d'après sa couverture, s'enfoncer d'un cran dans la superficialité (dans la mesure où l'on peut s'enfoncer dans la superficialité) en jugeant un ouvrage d'après son seul titre peut s'avérer, si l'on en juge d'après les résultats, une méthode étonnamment profitable. :

  • Ma vie amoureuse et criminelle avec Martin Heidegger (roman), Gerald Messadié, Éditions Robert Lafont, 1994. (Lu en 1996.)
  • The Origin of Consciousness in the Breakdown of the Bicameral Mind, Julian Jaynes, Houghton Mifflin Company (essai), 1976. (Lu en 2013, mais j'en avais vu des allusions dans d'autres textes.)
  • La Chine m'inquiète (pastiches littéraires), Jean-Louis Curtis, Grasset, 1972. (Lu vers 1976, acheté à nouveau en 2007.)
  • La haine de la musique (essai). Pascal Quignard, Calmann-Lévy, 1996. (Lu en 2007.)

dimanche 16 mars 2014

NOUVEAU MESSAGE


Les cendres de la passion

Si j'avais à déclarer ma flamme, je ne choisirais pas un éteignoir (à cigarettes !, en plus) pour l'exprimer publiquement.


Ottawa, 15 mars 2014, un mois et un jour après la Saint-Valentin.

Voir aussi ce billet daté du 31 mars 2013.

samedi 1 mars 2014

NOUVEAU MESSAGE


Dit-elle, ou les consolations de ma voisine.

Quand je croise les mains derrière mon dos, elles reposent chacune sur les rondeurs de mes fesses, ce qui me permet d'apprécier ce que les autres apprécient en elles. Quand je croise les bras sous ma poitrine, ils se trouvent à soupeser et soutenir mes seins dont le poids et la fermeté me plaisent, à moi ainsi qu'à d'autres.

Ce sont de petites expériences quotidiennes qui adoucissent la vie. J'ai toujours quelque chose sous la main ou sur les bras pour m'occuper et me rassurer.

Et quand, d'aventure, je porte mes mains à mon crâne, force m'est de constater que j'ai la tête dure.

samedi 22 février 2014

NOUVEAU MESSAGE


Eh, p'tite tête !...

«We humans share many features with domesticated animal. Our brains have even shrunk in the past 30,000 years.»

Kate Douglas, «Talk is cheep: Do caged birds sing a key to language?», NewScientist, 8 févr. 2014, p. 39 (lien vers la version en ligne)

Voir aussi autres billets avec le libellé «Cerveau (réduction du)».