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PAGE SÈCHE et ENCRE SYMPATHIQUE
lundi 20 février 2017
Blues du lundi
Le lundi est le meilleur jour de la semaine. Le prochain weekend est trop encore trop lointain pour qu'on en soit obnubilé. D'où une disponibilité d'esprit remarquable pour le travail. Non ?
samedi 28 janvier 2017
Pertinent
J'ai cherché partout dans la neige l'icône pour liker ou partager, mais je ne l'ai pas trouvée.
(Je sais, il y a deux fautes pour un seul mot, mais le message se reçoit bien malgré tout. Et il était très tôt le matin, on peut pardonner à l'anonyme auteur.)
Photo : Ottawa, 27 janv. 2017.
jeudi 19 janvier 2017
Relire (Ajout)
AJOUT (11 février 2017)
«Connaître la chute [d'une histoire] permet de profiter pleinement de la valeur d'une œuvre, plutôt que de la survoler en essayant sans cesse d'imaginer le dénouement.» Nicholas Christenfield, interrogé par Alexandre Pihen, Science et Vie, no 1192, janv. 2017, p. 109.
C'est exactement ce que je disais. Il est agréable de voir ses intuitions scientifiquement prouvées.
lundi 16 janvier 2017
dimanche 15 janvier 2017
Sieste diurne
Toutes les siestes se ressemblent. Le même moment blanc avant l’assoupissement. Je dis blanc parce que je choisis de préférence l’après-midi pour piquer un somme et il entre à ce moment dans ma chambre la lumière froide de l’ombre, la pièce étant du côté est de la maison. Lumière sans soleil ni origine. Simplement, elle se répand à partir de la fenêtre. La même sieste répétée ou plutôt éparpillée en de multiples fragments. Au-delà de la succession des jours, il y a peut-être une continuité qui relit ces moments en une réalité unique.
(Morceau de quelque chose de plus long, dans le genre prose et fiction. Le texte complet, un jour ?...)
samedi 31 décembre 2016
Communication sur la communication
Je suis de la génération à laquelle Jeannette Bertrand a tenté d'inculquer la religion de la communication comme panacée aux problèmes relationnels. Entre conjoints, entre parents et enfants, entre x, y et même z, rien ne devait résister à la communication. Cet évangile selon sainte Jeannette ne m'a jamais convaincu. Je ne fais pas partie des convertis ou des disciples.
En plus de ceux qu'elle aggrave ou ne résout pas en entier, la communication crée ses propres problèmes. Tout au culte de la communication, on néglige cet aspect des choses. D'ailleurs, on ne communique jamais autant que lorsque survient un problème.
L'erreur est sémantique. Ce que nous nommons communication n'en est pas.
Prenez deux amoureux au tout début de leur idylle. Ils communiquent sans cesse. Par le regard, le toucher, le geste, la pensée, ils ne font que ça, communiquer. Et quand ils se parlent (parce qu'il faut bien parler*), l'essentiel passe par le regard, le toucher, le geste, la pensée, et non par les mots. Pourtant, ils communiquent à qui mieux mieux.
* Notez que je n'ai pas dit «parce qu'il faut bien communiquer».
Quelques mois plus tard, leur flamme ayant diminué d'intensité, ils commencent alors à communiquer, c'est-à-dire vraiment communiquer, avec des mots. Et les malentendus surviennent. Parce que les mots sont aussi source de malentendus, on l'oublie trop souvent. La bulle éclatée, chacun retrouve son quant à soi et communique enfin, selon le sens que vous donnez à la chose. Ils communiquent, dites-vous ? Non, ils négocient. Ce n'est pas du tout la même chose.
Vraiment pas.
À confondre communication et négociation, on n'a pas seulement cédé à une erreur sémantique, on a multiplié les occasions d'aggraver les conflits et de les multiplier.
Avouez que plusieurs appels à la communication sonnent en réalité comme des ultimatums - «chéri, il faut qu'on se parle...» - ou des déclarations de guerre.
La négociation n'est pas une chose mauvaise en soi. Mais à baptiser communication ce qui relève du marchandage ou de la négociation, on entretient bien des illusions. La communication, telle qu'on l'entend, est un jeu de pouvoir et annonce souvent l'enfer.
Les discours de Jeannette Bertrand reposent au fond sur des présupposés jamais exprimés et jamais discutés. Les choses ont été bien faites, les hommes et les femmes, les humains en général sont faits pour s'entendre. Avec un peu de bonne volonté, un brin de franche communication (comme si une telle chose existait !), et tous les problèmes se dissiperaient.
Les conflits, solubles dans la parole ?
En réalité, les choses ne sont ni bien ni mal faites. Elles sont, c'est tout, et la bonne entente automatique ou fondamentale ne faisait pas partie du programme. Les hommes et les femmes, les humains en général, ne s'entendent pas. Et n'ont pas intérêt à toujours préciser les termes de leurs désaccords. Ni de leurs accords !
C'est comme ça, on n'y peut rien.
La paix repose souvent sur le refus de communiquer.
lundi 26 décembre 2016
Que dire du e muet ?
- En italique, à l’intérieur d’un mot : consonne ou voyelle faible, ou peu accentuée (atone) ;
- En gras : consonne ou voyelle forte, accentuée (tonique).
Que dire du e muet ?
En français, contrairement à ce que l’orthographe suggère, c’est souvent le masculin qui se signale par un e muet à la fin d’un mot. Il n’est pas écrit, mais il est prononcé.
Notre orthographe masque le phénomène, étant purement conventionnelle et en partie indépendante de la prononciation.
Un Martien frais débarqué sur Terre, contraint d’apprendre le français par oreille (en admettant que les Martiens aient des oreilles), conclurait vite que, dans notre langue, les formes féminines des noms et des adjectifs se concluent par une finale tonique, à rebours de leurs équivalentes masculines, lesquelles se contentent d’une finale atone.
Nous sommes devenus insensibles à ce phénomène quotidien. On nous dit que le féminin se caractérise par un e final muet et nous allons répétant cette ineptie comme une vérité évidente sans même penser à écouter.
Exemple : l’adjectif « vif », qui donne « vive » au féminin. On dira : Un homme [vif] et Une femme [vive].
Le « iv » de « vive » est émis de façon nettement tonique alors que le « if » de « vif » s’apparente à l’émission d’un dernier souffle.
Autre exemple : « fort » et « forte ». La forme masculine est atone. La forme féminine est tonifiée par l’obligation de rendre t final qui précède le e muet. En fait, on prononce « Un homme [fore] » et « Une femme [fort] ». C’est au masculin que, souvent, un e muet final se fait discrètement sentir. La disparition à l’oral du t au masculin oblige à terminer le mot par une voyelle indistincte, à peine prononcée et encore moins entendue.
Voyons « chanteur » et « chanteuse », prononcés [chanteur] et [chanteuze]. Prononcez ces deux mots à voix haute et constatez la différence de ton entre le « eu », piteux, de « chanteur » et celui, claironnant, de « chanteuse ».
Petit aparté sur le mot « auteure ». - Création à la Frankenstein par ajout mécanique d'un e muet prononcé : on trébuche sur le r pour émettre un « euh » final superfétatoire pas très élégant : [oteu-reuh]. De ce point de vue, autrice est une nette amélioration, avouons-le(1). Il y aurait bien eu aussi « auteuse », sur le modèle de chanteur-chanteuse, mais, bon...)
Bref, la fonction du e muet est d’accentuer la consonne finale, occultée au masculin, pour lui conférer une présence plus énergique au féminin. Par le fait même, les voyelles qui précèdent les consonnes finales sont modifiées : le o de « fort » n’est pas celui de « forte », non plus le i de « vif » et de « vive ».
La langue française misogyne, vraiment ? Alors que l’exemple du couple « vif-vive » nous a montré que le féminin s’exprime et que le masculin s’expire…
(1). Ce texte a été rédigé avant que la forme autrice ne soit popularisée.

